mercredi 31 juillet 2013
vendredi 12 juillet 2013
lundi 17 juin 2013
LES OLERONNADES
« LES OLERONNADES »
avec Dany et Christian Gueguen,
Jean Moreau, week-end des 25,26 et 27 mai 2013.
Samedi 25 mai 2013 :
rendez-vous à Moëze, petite commune du pays de Saintonge, en Charente-Maritime, près de
l’église et du cimetière. Christian,
Dany et Jean nous attendent avec les boissons chaudes – quel bonheur – et les biscuits de réconfort, parce ce que
vraiment ce mois de mai n’est pas trop
joli cette année. Nous sommes endoudounés, emmitouflés dans nos polaires et
parkas. Mais de toute façon, le cœur y est, la motivation aussi. Nous suivons
Christian, curieux de découvrir cette « croix Hosannière » qui nous
intrigue, là-bas, sur son soubassement de pierres, au milieu du
cimetière : il s’agit d’un petit édifice inspiré des temples grecs et
corinthiens, chef d’oeuvre de style renaissance, vraisemblablement construit
par des artistes italiens au XVIe siècle. Les fines colonnes ont
souffert des intempéries. Nous essayons de lire les inscriptions en latin
gravées dessus et de décrypter les dessins. Ils représentent des enfants juifs portant des rameaux. Ces
rameaux étaient traditionnellement déposés au pied de l’édifice.
Le clocher de l’église St Pierre de Moëze
culmine à 51 m et a été épargné pendant les
guerres de religion.
Nous nous engouffrons sans tarder dans les
voitures et, en procession, traversons les marais en direction de Brouage.
Arrêt au pied des remparts de cette place forte, un vent froid nous y
accueille. En pénétrant dans l’enceinte de cette cité, nous apercevons, toute
droite, la rue principale. Nous
attendons notre guide au « chaud »
à l’entrée, dans l’ancienne forge réaménagée en salle d’exposition.
Léa, notre guide de l’office de tourisme,
arrive, souriante. Retour près des remparts à l’entrée de la ville, nous nous serrons sur des bancs et Léa nous
entraîne quelques siècles en arrière, au temps du passé glorieux de cette
petite cité.
Le golfe de Saintonge sur lequel elle est
située s’est progressivement comblé de sédiments nous explique-t-elle. Au
Moyen-âge, il ne reste plus qu’un bras de mer de 15 km et de 400 m de large. Ce
bras de mer qui s’est rétréci devient le « Hâvre de Brouage ».Les
marécages, sous l’effet d’un bon ensoleillement et du vent se transforment en
marais salants d’où l’on extrait l’« or blanc », qui a
fait de ce site « le grenier à sel
du royaume de France et d’Europe du Nord ». En 1340, Philippe de Valois a
introduit l’impôt sur la Gabelle, un vrai filon. Le commerce de cabotage, du IXe au XIIe siècle va
prendre ensuite une dimension internationale. On a besoin de sel pour conserver
le poisson dont la consommation est croissante, puisqu’il qu’il faut respecter
le carême, imposé jusqu’à 180 jours par an. On part pêcher la morue sur les bancs de Terre Neuve
et on conserve ensuite ce poisson dans la saumure. Le commerce se
développe avec les Pays Bas, les îles
britanniques et les pays de la Hanse qui viennent s’approvisionner en sel à
Brouage.
Les sables et gravats dont les bateaux se
délestaient à leur arrivée à l’entrée du port de Brouage, ont donné naissance
à une île qui devint Jacopolis sur
Brouage, ainsi nommée par Jacques de Pons en 1555. Cité riche et prospère, elle
est construite en quadrilatère, avec des
rues qui se croisent à angle droit, comme nous pouvons le constater aujourd’hui
encore.
Les idées religieuses de ces marins
(protestants) venus d’ailleurs vont se répandre. C’est le début des luttes dans
cette zone, entre catholiques et protestants. Henri de Navarre, futur Henri IV
(XVIe) fait alors de cette cité une ville royale – coffre-fort du
pouvoir central – qui va reprendre son
nom de « Brouage » avec Louis XIII et sera intégrée au domaine royal.
Place de négoce, ville cosmopolite, elle est au cœur logistique de la machine
de guerre royale pour conquérir La Rochelle (protestante). Brouage fut transformée en place forte imprenable par son
gouverneur Richelieu et son
ingénieur, Pierre de Conty d’Argencour. Léa nous donne maints détails
sur la construction de murs d’enceinte
et leur assise de pilotis, les bastions, les courtines, les tours de guet, les
échauguettes, l’utilisation de la brique et de la pierre de taille.
Brouage s’est
doté d’un arsenal et d’une halle aux vivres. On y compte 4000 habitants civils,
500 à 2000 soldats, 11 hôtels (aujourd’hui 170 hbts, 1 hôtel). Vauban renforce
ensuite les remparts sur le front de mer, il les talute et procède à des
plantations, modernise le chemin de ronde.
Au début du XVIIe siècle, grâce à
bien des aménagements, les trois mats peuvent encore accéder aux quais du port.
Mais en 1642, c’est le déclin de Brouage, le port s’envase, elle devient
poudrière, lieu de stockage de l’arsenal de Rochefort, une ville de garnison,
une ville fermée. Elle tombe dans l’oubli au XVIIIe siècle et
devient centre de détention pendant la Révolution. Puis, en 1885, la garnison quitte la ville.
Circuit
historique avec notre guide dans la ville : porte de
« l’assommoir », porte royale, la forge royale, qui devint forge
prison, puis arrêt devant l’un des sept bastions qui subsiste avec corps de
garde, le double escalier et les écuries royales. Marie Mancini, que
Mazarin voulait éloigner de Louis XIV, fit un bref passage à Brouage. Visite du
port souterrain, de la Tonnellerie, de la Halle aux Vivres et de la petite
poudrière rajoutée par Vauban avec son ingénieux système de défense. Celle ci
servit aussi de chapelle pour remplacer l’église du village défaillante, en
1909.
Visite
ensuite de l’église, lieu de
pique-nique, en ce début d’après-midi, pour quelques personnes très bruyantes
et accompagnées de leur chien. Notre guide doit « hausser le
ton » !
Le clocher de
28 mètres, qui servait d’amer pour les bateaux, n’en fait plus que 17. Par
terre, des pierres tombales. L’église a souffert au cours des siècles, a
connu aussi son déclin, mais, miracle en 1912, l’argent des cousins de La
Nouvelle France, au Canada permet de restaurer la charpente, et plus tard, sept
superbes vitraux offerts aussi par les « cousins »
québécois redonneront à l’église vie et clarté. Et ce, grâce à Samuel Champlain,
originaire de Brouage, dont le père était capitaine de marine, mais que tout le
monde avait oublié et qui fut cartographe et géographe à la cour du roi Henri
IV. Il fut chargé de redécouvrir le
continent nord américain, le Canada et fonda la « Nouvelle France »,
à Québec en 1608. Merci à ce grand explorateur.
Brouage –
« l’étoile de pierre endormie au cœur du marais » – a reçu en 1989 le
label « Grand site de France », suite aux travaux de
restauration entrepris pour la mise en valeur du site.
13 h 30 : pique-nique
sur les remparts de Brouage, dans un site verdoyant. Chacun choisit son
emplacement. Il semble que l’atmosphère
se réchauffe. Les vivres sortent des sacs, et pour les accompagner, quelques
bouteilles ! Marie-Thérèse et Dany fêtent aujourd’hui leur anniversaire et
nous offrent de succulentes entrées. Ils sont, selon la tradition, gratifiés
d’un petit bouquet de fleurs champêtres et Guy a pris la direction de la
chorale ampoulienne pour leur souhaiter le meilleur anniversaire qui soit. Dany
nous régale encore avec un gâteau aux huiles essentielles de citron, le tout
arrosé de vins proposés par nos spécialistes. Après ce déjeuner sur l’herbe,
nous repartons vers 15 h, en direction du Breuil, puis Marennes, et nous voici
sur le fameux pont de l’île d’Oléron avec, à tribord, Fort Louvois.
Arrêt à St
Trojan-les Bains, à la pointe sud de l’île, pour la première balade oléronaise.
Nous marchons sur la promenade de cette cité balnéaire, en longeant la mer,
puis sur un chemin côtier. « Point carte » aussi, afin de se situer
un peu sur cette île, mais oùksétikonest??
Séparée au
nord de l’île de Ré par le pertuis d’Antioche, et au sud de la presqu’île
d’Arvert par le Pertuis de Maumusson, Oléron se trouve face à deux estuaires
fluviaux, la Charente maritime et la Seudre. Le pont fait 3 km de long et date
de 1966. Situons aussi Fort Boyard, l’île d’Aix et l’île Madame, au large de sa
côte orientale (à droite sur la carte).
Au retour de cette balade, curieusement, hommes
et femmes se séparent. Les femmes prennent la direction d’une petite boutique
« Retour de plage », située à l’entrée du port de Trojan. Elle propose de très originaux bijoux artisanaux,
très attirants.
Nous nous
retrouvons tous pour repartir en voiture vers « Le grand
Village » où se situe notre centre d’hébergement « Azureva » où
nous passerons deux nuits. Alain et Annick Grovel nous y ont rejoints. Cadre
agréable, bâtiments dispersés dans les bois de pins maritimes, équipés de
terrasses avec tables et chaises. Nous sommes dans les zones
« orcade » et « Porto-rico ». Chacun s’installe, il faut
faire vite si l’on veut profiter de la piscine chauffée !
Repas à 19 h
30, Pineau des Charentes blanc et rosé
en apéro ce soir. C’est système self, ici, formule buffet, et plusieurs
plats chauds au choix. Nous sommes regroupés autour de deux tables dans la
vaste salle de restaurant. Ensuite, soirée dansante « années 1960 »
prévue au club, pour les amateurs. Mention particulière à notre
« crooner » Bruno, pour l’animation de la soirée !
DIMANCHE 26 mai : lever à 7 h 30, départ à 9 h, par un temps superbement ensoleillé. Ça
commence bien… on a perdu les Pomponnettes, elles ont filé sans rien écouter…
Bon, ça y est… retrouvées… on ne peut pas s’en passer !
Direction St Georges d’Oléron, puis la côte ouest,
voitures laissées au parking. Marche vers le phare de Chassiron, nous suivons
le chemin de la Côte sauvage. C’est marée basse, nous admirons le magnifique spectacle des jeux de l’eau et
des reflets du ciel reflets dans un
ensemble très graphique dessiné par les
roches et la flore maritime. La
côte rocheuse près du phare de Chassiron présente des falaises hautes de 4 à 10
mètres. Le phare au barres noires et blanches bien connu des marins (il se
distingue de celui des Baleines) se dresse à la pointe du « bout du
monde », et à côté, le sémaphore. Nous y avons rendez-vous avec Annick et
Alain. Au pied du phare, une maquette pédagogique d’une « écluse
à poissons », en forme de fer à cheval. Faites de pierres séchées, elles
datent du moyen-âge et sont de super pièges à poissons.
Nous suivons
le chemin côtier face orientale de l’île cette fois-ci, direction La Morelière,
vers St Denis d’Oléron, traversons une zone de résidences d’été récentes, des
jardins à la végétation méridionale – palmiers, agaves, oliviers, etc. Nous
sommes rejoints par Soazig, fille de notre président et ses amis, qui vont
pouvoir pique-niquer avec nous. Cette fois-ci, ô luxe, nos pique-niques sont
préparés par Azureva et livrés à notre halte de St Denis par Alain et Annick.
Nous traversons les dunes pour atteindre une vaste plage, où nous allons
pique-niquer, face à l’océan, sous un beau ciel bleu. Guy « Von
Karajan », une baguette à la main, se sent pris d’une grande inspiration…
«Y a d’la joie »…
Après le pique-nique
et vu le temps chaud, nous nous délestons de quelques vêtements superflus, mis dans le coffre d’Alain et nous
partons tous prendre un petit café à « La Cabane », dans le petit
port de St Denis. Puis, la rando se poursuit en direction de La Gautrie.
Découverte de l’intérieur des terres,
rue Racle Bourse, rue du Four et retour au parking du matin.
Nous
récupérons les véhicules, retour par « La Brée », St Georges, St
Pierre d’Oléron et nous atteignons Château d’Oléron, capitale de l’île, pour
un tour
de la ville et sa citadelle, en petit train touristique.
La
conductrice du train, fort sympathique, commente la visite de la ville,
construite en damier, (les Halles, la fontaine, l’église d’Oléron agrandie par
Aliénor d’Aquitaine, le couvent des Récolés) et nous fait découvrir la
citadelle. Elle fut construite en 1630 par Richelieu et le même Pierre
d’Argencour, l’ouvrage bastionné a été revu par Vauban en 1688 qui ajoute des
« ouvrages à cornes ». Les
larges fossés, les murs épais, le pont dormant de la porte royale sont
tout ce qui subsiste de la forteresse pourtant très endommagée par les
bombardements en 1945, est impressionnant. Petite histoire
de « l’arbre de Richelieu », planté pour la postérité.
Pour finir,
nous découvrons le « Paté » quartier bien typique des cabanes très
colorées des ostréiculteurs, ces « jardiniers de la mer ». Elles sont
transformées aujourd’hui en boutiques d’artisanat. Dans ce port ostréicole,
nous remarquons les bateaux en métal à fond plat pour la récolte
des huîtres (dont les « fines de claire, spécialité locale). Il nous reste
du temps après cette visite guidée pour déambuler dans ce quartier très
original et pittoresque ou monter sur les remparts où se sont posés de gros moustiques en métal.
Retour au village
Azureva pour le dîner après cette journée bien remplie. René nous offre l’apéro
ce soir, Pineau et spécialités locales… sympa, merci! Petit discours d’Anne,
toute émue et ravie d’être des « nôtres », nouveau membre actif de la
Ste Ampoule, et du groupe des « pomponnettes » ?
Après le dîner, spectacle du coucher de
soleil sur la mer, face à La Cotinière, le plus grand port de pêche de l’île et
rendez-vous chez le glacier de la place pour tous les gourmands de la Ste
Ampoule. Quel choix! Et c’est aussi coloré que dans le port…et ça se déguste
dans un cadre style « intérieur de bateau de pirate mais aussi avec
petits salons particuliers, équipés de fauteuils et canapés en velours rouge,
murs capitonnés de tissu blanc, lumières tamisées rouges, dans une atmosphère
plutôt… enfin très originale pour déguster des glaces…
LUNDI 27 mai : départ à 9 h.
Météo superbe, températures agréables. Direction forêt de Gatseau, parking de
la thalasso. Marche ultra variée, d’abord le long de la mer en suivant la digue
Pacaud, puis nous traversons le marais
« Les Bris » pour nous enfoncer dans la forêt domaniale de Trojan,
très odorante. Nous y croisons un camion du service d’entretien, chargé de
répandre du maïs pour les sangliers. Nous faisons confiance aux organisateurs
pour repérer le circuit dans cette
immense forêt. Jean, qui devait nous faire un discours, a failli mettre le pied
sur un reptile impressionnant. Couleuvre ou vipère ? Nous voici de retour
sur la plage de Gatseau, à marée basse cette fois-ci, hâvre de paix où il
ferait bon se prélasser. Mais l’on nous attend au centre Azureva pour un
dernier déjeuner avant le départ de l’île.
Ménage dans
les chambres avant de quitter les lieux, puis direction le pont viaduc d’Oléron
et Boursefranc. Halte face au fort Louvois et
pot de l’amitié avant de se quitter.
Quel week-end dense et varié ! Merci à nos
organisateurs attentionnés Dany, Christian et Jean, qui, grâce à une habile
combinaison de circuits, nous ont fait découvrir Moëze, Brouage, puis « Oléron
la Lumineuse » et ses différentes facettes.
On se revoit le week-end des 7, 8 et 9
septembre, pour une incursion en Venise Verte!
Bonnes vacances à tous, profitez bien
de l’été,
Votre secrétaire,
Armelle Jacquet
jeudi 9 mai 2013
Sortie 14 Avril 2013 - CHATEAUBRIAND
DÉCOUVERTE DU PAYS DE CHATEAUBRIANT
avec Marité, Maylis et
Michèle T, dimanche 14 avril 2013.
Il fallait
compter à peu près une heure de route, de Nantes, pour atteindre le point de
ralliement, sur la commune de Béré. Les derniers kilomètres à travers la campagne verdoyante furent illuminés par les magnifiques ajoncs en fleurs. A 10 h,
le groupe des
« 3M » (Marithé, Maylis et
Michèle T), nous attendait sur le parking des fidèles paroissiens de l’église
de Béré. En ce dimanche 14 avril, le soleil, ce soleil tellement désiré et
promis, était lui aussi, au
rendez-vous, avec les 21 Ampouliens, présents aujourd’hui. Les agréables rituels d’accueil thé-café-biscuits
accomplis, nous suivons Marité qui officie la première, devant l’église de
Béré. Nous sommes tout ouïe:
Nous voici donc en pays de
Châteaubriant, autrefois pays de la Mée (pays du milieu) sur les « marches
de Bretagne », frontière qui autrefois devait défendre la Bretagne face au
royaume de France.
Quelques repères historiques :
Les Geoffroy de Châteaubriant,
descendants directs des Brient (qui construit le premier château) figurent
parmi les plus puissants seigneurs de Bretagne et la baronnie de Châteaubriant
fut très convoitée. En 1383, elle passe aux mains de la célèbre famille
bretonne des Dinan. Sa réputation culmine au XVe siècle. La baronne
Françoise de Dinan-Laval, gouvernante d’Anne de Bretagne et grande intrigante,
prend parti pour la France et s’oppose
au duc François II de Bretagne. Elle signe en 1487 le Traité de Châteaubriant, qui livre la
Bretagne à la france. Charles VIII soumet le duché par la force – château et
ville sont détruits et brûlés en 1488 lors de la bataille de Trémoille. La
Bretagne sera définitivement rattachée à la France en 1532, par le mariage
d’Anne de Bretagne et du roi de France Charles 8. On trouve dans les armoiries de Châteaubriant
les fleurs de lys des Condé, qui reçurent en dotation les biens de Montmorency,
ainsi que les hermines de Bretagne et le blason des Geoffroy de Châteaubriant.
Une route
reliait directement le Château à cette église Saint Jean de Béré devant
laquelle nous nous trouvons. Classée monument historique, elle fait partie des
plus anciennes églises romanes du département: c’est Geoffroy – fils de Brient
– qui commença l’édification d’un sanctuaire dédié à Saint Jean-Baptiste vers
1060-1080, à côté du prieuré de Saint Sauveur, fondé par sa mère Innogwen.
L’église St
Jean de Béré, construite en schiste et grès ferrugineux locaux (d’où sa couleur
rouge) est un bel exemple d’édifice roman. Elle fut ensuite transformée par le
Doyen Blays au XVIIe siècle, qui fit construire le retable. Quel
contraste à l’intérieur entre la sobriété des murs blancs, la voûte en berceau
lambrissée et le retable baroque avec son ornementation luxuriante et son architecture ondulante! Ce retable fait
de tuffeau et de marbre est l’oeuvre d’un sculpteur angevin, Gaspard Robelot
(1659-1665). La nef nous semble bizarre. Elle est en effet déviée vers la
gauche de trois degrés. L’église est riche en vitraux, bas-reliefs, autels,
retables, petits et grands tableaux, statues du XVe au XXe
siècle (dont une sainte Rita sculptée par Jean Fréhour). Michèle attire notre
attention sur l’autel Saint Blaise, dédié au patron des peigneurs de laine et
édifié en 1693. Cet artisanat occupait près de 600 ouvriers à Châteaubriant
vers 1700. A noter en sortant de l’église, à droite du porche, l’autel de Dieu
de la Pitié, sur lequel les mères
venaient rouler leurs enfants qui tardaient à marcher ou à parler. A l’extérieur,
nous admirons encore l’architecture de
ce superbe édifice roman, très ancien, regrettant l’ajout de deux bâtiments
accolés à l’ensemble au XIXe siècle.
Nous reprenons nos voitures pour
nous diriger vers Châteaubriant-ville et nous nous garons sur la place Charles
De Gaulle, directement face au Château. Sur cette place, un cube moderne – le
« théâtre de verre », à côté de l’ancien hôtel des PTT.
Maylis nous
entraîne maintenant vers la Porte St Michel et
nous entrons dans l’ancienne « ville close » de Châteaubriant
pour tout un « circuit découverte ». La ville et ses fortifications
prolongent celles du château. Nous sommes dans la « Grand rue »,
envahie en ce dimanche, comme tout le quartier médiéval, par les étals d’un
vaste vide-grenier. Quelle animation, c’est pire qu’au Moyen-Age ! Restons
groupés !
Cette rue qui
menait autrefois du château féodal vers Béré
était l’axe principal de la ville. Premier arrêt devant une belle façade
XVIIIe de l’hôtel de La Houssaye (balcons en fer forgé, fenêtres à
impostes), puis direction la rue de Couéré en passant à l’emplacement
d’anciennes halles. Maisons à colombages et encorbellements, avec soubassements
de pierres, puis la « maison de l’ange » ou séjourna Sophie
Trébuchet, la mère de notre célèbre Victor Hugo et le passage « Sophie Trebuchet ». Nous
remontons vers la place de l’église St Nicolas aux superbes gargouilles, la
place du marché à bestiaux, faisons un arrêt devant la belle demeure de
l’office notarial et sa magnifique verrière, revenons place St Nicolas pour
nous diriger vers les halles du marché. Dix minutes de quartier libre pour tous
: expo de peintures à l’intérieur des halles pour certains et découverte des
ruelles du quartier « aristocratique », dont la rue du Pélican,
ex-rue de la Poterne aux beaux hôtels particuliers du XVIIIe, dont
l’hôtel de la Bothelière. Puis, tous ensemble, nous repartons vers la porte de Couéré, avec la Tour du Moulin de
Couéré. On aperçoit la Chère, ce ruisseau qui apparaît entre deux vieux murs
moussus et disparaît, recouvert par des rangées de maisons, puis réapparaît
sous un petit pont, créant de petits cadres bucoliques. Nous suivons
toujours la ligne des anciens remparts
de la ville, qui nous mène derrière l’église St Nicolas, puis vers la Tour du
Four Banal, place de la Motte Madame et la Porte Neuve qui clôt le parcours
ville.
Il est 12 h 20. Le pique-nique est prévu dans
l’enceinte du château, et ses jardins à la française aux vertes pelouses
parsemées de pâquerettes. On peut y admirer un vénérable marronnier de 170 ans.
Tables et chaises s’offrent à nous, il n’y a plus qu’à s’installer au soleil
dans un décor médiéval et renaissance… Magnifique ! Nous sommes à l’abri
des remparts qui relient les différents
bâtiments du château, on peut voir aussi le donjon, le logis du chapelain, le
châtelet et la maison du Duc d’Aumale. Nous déjeunons devant la partie
renaissance. Malheureusement, pas d’accompagnement musical de Josquin de Prés
ou Palestrina. Nous avons droit aux cris des corneilles…dommage !
Et, pour l’apéro…surprise ! Chantal (Romé) nous
offre boissons pétillantes et délicieux petits fours faits maison. Joyeux
anniversaire Chantal et nous te le chantons en chœur, sous la houlette de Guy –
bien sûr – et bienvenue au club… des…. sexasexy…yes! Les chaises longues – mais
oui, tout est prévu – sont à notre disposition après le pique-nique et jusqu’à
14 h.
Ensuite, en 2 groupes et à tour de rôle
et ce, grâce à la réactivité de nos 3M, nous profitons d’une visite guidée du
château à laquelle s’ajoute aujourd’hui, journée particulière
historique/archéologique, un parcours commenté par de jeunes archéologues
passionnés et passionnants de la société HADES. Ils sont à disposition du
public dans les différentes parties visitables du château.
Avec le
sympathique Julien, notre « médiateur culturel », nous traversons la Haute
Cour au nord et nous nous dirigeons vers la chapelle et le petit logis.
Quelques explications sur le château initial du XIe siècle,
réaménagé au cours du moyen-âge et son système de défense, car il a fallu faire
face à de nombreux sièges ! La chapelle qui a été édifiée sur les vestiges
d’un édifice plus ancien (1142) était la plus grande chapelle du grand Ouest au
XIVe siècle, il fallait y faire venir une partie des paroissiens de
Châteaubriant. Les fenêtres gothiques datent du XVIe. Des fouilles
archéologiques ont mis à jour des peintures murales et un pavement en terre
cuite du XVe siècle. La
moitié ouest de cette chapelle était devenue le logis du chapelain au
XIVe siècle. Nous accédons au chemin de ronde, avec vue sur la
Chère. Autrefois, avant que la ville ne s’installe, des marécages entouraient
le Château.
Le conseil
général de Loire-Atlantique a racheté le château et entrepris la remise en état
du donjon dès 1909. Le bâtiment a été classé « monument historique »
en 1921. Les divers bâtiments ont abrité
une gendarmerie (dans la chapelle), une
maison d’arrêt, un tribunal, une perception, une école de filles, les bureaux
de la DDE, l’annexe du rectorat, etc. Le bâtiment du Duc d’Aumale est
actuellement le logement de fonction du sous-préfet.
Changement de
guide et de lieux… Bien équipés de casques de protection, très
« pro » et bien encadrés pour l’accès aux échafaudages (voir
photos !), nous nous rendons avec
Caroline l’archéologue sur le donjon encore et toujours en restauration.
Caroline nous explique l’évolution de ce site, les modifications que l’on a pu
déceler, au fil des siècles jusqu’à aujourd’hui car il a fallu mettre sur pied
un plan de travaux. Les façades ont été redressées. Ici, le logement du
chapelain, là, sa cave, la cuisine, le logement du personnel. Une telle
construction correspond à la société féodale du XIe siècle et la
restauration ne doit pas privilégier une époque au détriment d’une autre. Et
tout n’est pas élucidé ni reconstruit, le donjon garde son aspect de ruine. Un
plancher panoramique est prévu à son sommet. Le patrimoine est sauvegardé pour
les générations futures. Il ne nous reste plus qu’à visiter librement la partie
Renaissance, enfin celle qui est ouverte au public. Pas le bâtiment des
Gardes, au nord (1ère Renaissance) un peu austère, mais le logis de
Jean de Laval (seconde Renaissance). Seule la
« chambre dorée » est visitable. L’accès se fait par
l’« escalier à vis ». Ensuite, flânerie dans la grande galerie, sur
deux niveaux, avec ses arches, ses colonnades. Un ensemble original, coloré de
schiste et de briques qui se termine par un petit pavillon.
Du château
forteresse à la résidence de prestige renaissance, nous revisitons bien
des siècles d’histoire, celle de la
Bretagne particulièrement et de la France. On évoque sur ces lieux le souvenir
de deux châtelaines de Châteaubriant. D’abord, Sibylle, qui meurt de joie en
serrant son mari dans ses bras à son retour des Croisades, puis la belle et
cultivée Françoise de Foix, devenue la maîtresse de François 1er,
qui connut une mort tragique – dit-on – torturée par son mari jaloux Jean de
Laval qui l’enferma avec sa fille de sept ans dans une chambre tendue de noir.
Il supprima ainsi par là même son héritière, qui mourut d’étiolement.
Après cette
visite hautement historique et
culturelle, et pour profiter encore de ce temps ensoleillé nous reprenons nos
véhicules pour joindre le lac de Choisel, tout près de Châteaubriant et faisons
une petite marche ensemble autour du
lac, très fréquenté en ce premier dimanche quasiment « estival ».
Avant de repartir, nous réussissons non sans difficultés, à nous installer à
une terrasse dans Châteaubriant, pour prendre ensemble le pot de l’au revoir.
La journée était annoncée belle, elle
fut exceptionnelle, grâce à toute l’attention de Marithé, Maylis et Michèle qui
nous ont fait découvrir Châteaubriant et ses alentours, comme jamais nous
n’aurions pu l’imaginer… et vraiment, ça valait le détour. Un grand merci à
ce trio performant !
Je vous invite à consulter le blog pour
voir cette rando « en images » et vous dis à bientôt pour les
Oléronnades, les 25, 26 et 27 mai 2013. Le soleil sera aussi au rendez-vous…
dans nos cœurs!
Votre secrétaire,
Armelle
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