mercredi 31 juillet 2013

lundi 17 juin 2013

LES OLERONNADES



                « LES OLERONNADES »

            avec Dany et Christian Gueguen, Jean Moreau, week-end des 25,26 et 27 mai 2013.


   Samedi 25 mai 2013 :  rendez-vous à Moëze, petite commune du pays  de Saintonge, en Charente-Maritime, près de l’église et  du cimetière. Christian, Dany et Jean nous attendent avec les boissons chaudes –  quel bonheur – et les  biscuits de réconfort, parce ce que vraiment  ce mois de mai n’est pas trop joli cette année. Nous sommes endoudounés, emmitouflés dans nos polaires et parkas. Mais de toute façon, le cœur y est, la motivation aussi. Nous suivons Christian, curieux de découvrir cette « croix Hosannière » qui nous intrigue, là-bas, sur son soubassement de pierres, au milieu du cimetière : il s’agit d’un petit édifice inspiré des temples grecs et corinthiens, chef d’oeuvre de style renaissance, vraisemblablement construit par des artistes italiens au XVIe siècle. Les fines colonnes ont souffert des intempéries. Nous essayons de lire les inscriptions en latin gravées dessus et de décrypter les dessins. Ils représentent  des enfants juifs portant des rameaux. Ces rameaux étaient traditionnellement déposés au pied de l’édifice.
    Le clocher de l’église St Pierre de Moëze culmine à 51 m et a été épargné pendant les  guerres de religion.
    Nous nous engouffrons sans tarder dans les voitures et, en procession, traversons les marais en direction de Brouage. Arrêt au pied des remparts de cette place forte, un vent froid nous y accueille. En pénétrant dans l’enceinte de cette cité, nous apercevons, toute droite,  la rue principale. Nous attendons notre guide au « chaud »  à l’entrée, dans l’ancienne forge réaménagée en salle d’exposition.
     Léa, notre guide de l’office de tourisme, arrive, souriante. Retour près des remparts à l’entrée de la ville,  nous nous serrons sur des bancs et Léa nous entraîne quelques siècles en arrière, au temps du passé glorieux de cette petite cité.
     Le golfe de Saintonge sur lequel elle est située s’est progressivement comblé de sédiments nous explique-t-elle. Au Moyen-âge, il ne reste plus qu’un bras de mer de 15 km et de 400 m de large. Ce bras de mer qui s’est rétréci devient le « Hâvre de Brouage ».Les marécages, sous l’effet d’un bon ensoleillement et du vent se transforment en marais salants d’où l’on extrait l’« or blanc »,  qui a fait  de ce site « le grenier à sel du royaume de France et d’Europe du Nord ». En 1340, Philippe de Valois a introduit l’impôt sur la Gabelle, un vrai filon. Le  commerce de cabotage, du  IXe au XIIe siècle va prendre ensuite une dimension internationale. On a besoin de sel pour conserver le poisson dont la consommation est croissante, puisqu’il qu’il faut respecter le carême, imposé jusqu’à 180 jours par an. On part  pêcher la morue sur les bancs de Terre Neuve et on conserve ensuite ce poisson dans la saumure. Le commerce se développe  avec les Pays Bas, les îles britanniques et les pays de la Hanse qui viennent s’approvisionner en sel à Brouage.
    Les sables et gravats dont les bateaux se délestaient à leur arrivée à l’entrée du port de Brouage, ont donné naissance à  une île qui devint Jacopolis sur Brouage, ainsi nommée par Jacques de Pons en 1555. Cité riche et prospère, elle est  construite en quadrilatère, avec des rues qui se croisent à angle droit, comme nous pouvons le constater aujourd’hui encore.
      Les idées religieuses de ces marins (protestants) venus d’ailleurs vont se répandre. C’est le début des luttes dans cette zone, entre catholiques et protestants. Henri de Navarre, futur Henri IV (XVIe) fait alors de cette cité une ville royale – coffre-fort du pouvoir central – qui  va reprendre son nom de « Brouage » avec Louis XIII et sera intégrée au domaine royal. Place de négoce, ville cosmopolite, elle est au cœur logistique de la machine de guerre royale pour conquérir La Rochelle (protestante). Brouage fut  transformée en place forte imprenable par son gouverneur Richelieu  et son ingénieur, Pierre de Conty d’Argencour. Léa nous donne maints détails sur  la construction de murs d’enceinte et leur assise de pilotis, les bastions, les courtines, les tours de guet, les échauguettes, l’utilisation de la brique et de la pierre de taille.
Brouage s’est doté d’un arsenal et d’une halle aux vivres. On y compte 4000 habitants civils, 500 à 2000 soldats, 11 hôtels (aujourd’hui 170 hbts, 1 hôtel). Vauban renforce ensuite les remparts sur le front de mer, il les talute et procède à des plantations, modernise le chemin de ronde.
Au  début du XVIIe siècle, grâce à bien des aménagements, les trois mats peuvent encore accéder aux quais du port. Mais en 1642, c’est le déclin de Brouage, le port s’envase, elle devient poudrière, lieu de stockage de l’arsenal de Rochefort, une ville de garnison, une ville fermée. Elle tombe dans l’oubli au XVIIIe siècle et devient centre de détention pendant la Révolution. Puis,  en 1885, la garnison quitte la ville.


Circuit historique avec notre guide dans la ville : porte de « l’assommoir », porte royale, la forge royale, qui devint forge prison, puis arrêt devant l’un des sept bastions qui subsiste avec corps de garde, le double escalier et les écuries royales. Marie Mancini, que Mazarin voulait éloigner de Louis XIV, fit un bref passage à Brouage. Visite du port souterrain, de la Tonnellerie, de la Halle aux Vivres et de la petite poudrière rajoutée par Vauban avec son ingénieux système de défense. Celle ci servit aussi de chapelle pour remplacer l’église du village défaillante, en 1909.
Visite ensuite  de l’église, lieu de pique-nique, en ce début d’après-midi, pour quelques personnes très bruyantes et accompagnées de leur chien. Notre guide doit « hausser le ton » !
Le clocher de 28 mètres, qui servait d’amer pour les bateaux, n’en fait plus que 17. Par terre, des pierres tombales. L’église a souffert au cours des siècles, a connu aussi son déclin, mais, miracle en 1912, l’argent des cousins de La Nouvelle France, au Canada permet de restaurer la charpente, et plus tard, sept superbes vitraux offerts aussi par les « cousins »  québécois redonneront à l’église vie et clarté. Et ce, grâce à Samuel Champlain, originaire de Brouage, dont le père était capitaine de marine, mais que tout le monde avait oublié et qui fut cartographe et géographe à la cour du roi Henri IV. Il  fut chargé de redécouvrir le continent nord américain, le Canada et fonda la « Nouvelle France », à Québec en 1608. Merci à ce grand explorateur.
Brouage – « l’étoile de pierre endormie au cœur du marais » – a reçu en 1989 le label  « Grand site de France », suite aux travaux de restauration entrepris pour la mise en valeur du  site.
       13 h 30 : pique-nique sur les remparts de Brouage, dans un site verdoyant. Chacun choisit son emplacement. Il  semble que l’atmosphère se réchauffe. Les vivres sortent des sacs, et pour les accompagner, quelques bouteilles ! Marie-Thérèse et Dany fêtent aujourd’hui leur anniversaire et nous offrent de succulentes entrées. Ils sont, selon la tradition, gratifiés d’un petit bouquet de fleurs champêtres et Guy a pris la direction de la chorale ampoulienne pour leur souhaiter le meilleur anniversaire qui soit. Dany nous régale encore avec un gâteau aux huiles essentielles de citron, le tout arrosé de vins proposés par nos spécialistes. Après ce déjeuner sur l’herbe, nous repartons vers 15 h, en direction du Breuil, puis Marennes, et nous voici sur le fameux pont de l’île d’Oléron avec, à tribord, Fort Louvois.
Arrêt à St Trojan-les Bains, à la pointe sud de l’île, pour la première balade oléronaise. Nous marchons sur la promenade de cette cité balnéaire, en longeant la mer, puis sur un chemin côtier. « Point carte » aussi, afin de se situer un peu sur cette île, mais oùksétikonest??
Séparée au nord de l’île de Ré par le pertuis d’Antioche, et au sud de la presqu’île d’Arvert par le Pertuis de Maumusson, Oléron se trouve face à deux estuaires fluviaux, la Charente maritime et la Seudre. Le pont fait 3 km de long et date de 1966. Situons aussi Fort Boyard, l’île d’Aix et l’île Madame, au large de sa côte orientale (à droite sur la carte).
Au  retour de cette balade, curieusement, hommes et femmes se séparent. Les femmes prennent la direction d’une petite boutique « Retour de plage », située à l’entrée du port de Trojan. Elle  propose de très originaux bijoux artisanaux, très attirants.
Nous nous retrouvons tous pour repartir en voiture vers « Le grand Village » où se situe notre centre d’hébergement « Azureva » où nous passerons deux nuits. Alain et Annick Grovel nous y ont rejoints. Cadre agréable, bâtiments dispersés dans les bois de pins maritimes, équipés de terrasses avec tables et chaises. Nous sommes dans les zones « orcade » et « Porto-rico ». Chacun s’installe, il faut faire vite si l’on veut profiter de la piscine chauffée !      
Repas à 19 h 30, Pineau des Charentes blanc et rosé  en apéro ce soir. C’est système self, ici, formule buffet, et plusieurs plats chauds au choix. Nous sommes regroupés autour de deux tables dans la vaste salle de restaurant. Ensuite, soirée dansante « années 1960 » prévue au club, pour les amateurs. Mention particulière à notre « crooner » Bruno, pour l’animation de la soirée !
     
DIMANCHE  26 mai : lever à 7 h 30, départ à  9 h, par un temps superbement ensoleillé. Ça commence bien… on a perdu les Pomponnettes, elles ont filé sans rien écouter… Bon, ça y est… retrouvées… on ne peut pas s’en passer !
Direction  St Georges d’Oléron, puis la côte ouest, voitures laissées au parking. Marche vers le phare de Chassiron, nous suivons le chemin de la Côte sauvage. C’est marée basse, nous admirons  le magnifique spectacle des jeux de l’eau et des reflets du ciel  reflets dans un ensemble très graphique dessiné par les  roches  et la flore maritime. La côte rocheuse près du phare de Chassiron présente des falaises hautes de 4 à 10 mètres. Le phare au barres noires et blanches bien connu des marins (il se distingue de celui des Baleines) se dresse à la pointe du « bout du monde », et à côté, le sémaphore. Nous y avons rendez-vous avec Annick et Alain. Au pied du phare, une maquette pédagogique d’une « écluse à poissons », en forme de fer à cheval. Faites de pierres séchées, elles datent du moyen-âge et sont de super pièges à poissons.
Nous suivons le chemin côtier face orientale de l’île cette fois-ci, direction La Morelière, vers St Denis d’Oléron, traversons une zone de résidences d’été récentes, des jardins à la végétation méridionale – palmiers, agaves, oliviers, etc. Nous sommes rejoints par Soazig, fille de notre président et ses amis, qui vont pouvoir pique-niquer avec nous. Cette fois-ci, ô luxe, nos pique-niques sont préparés par Azureva et livrés à notre halte de St Denis par Alain et Annick. Nous traversons les dunes pour atteindre une vaste plage, où nous allons pique-niquer, face à l’océan, sous un beau ciel bleu. Guy  « Von Karajan », une baguette à la main, se sent pris d’une grande inspiration…  «Y a  d’la joie »… 
Après le pique-nique et vu le temps chaud, nous nous délestons de quelques vêtements  superflus, mis dans le coffre d’Alain et nous partons tous prendre un petit café à « La Cabane », dans le petit port de St Denis. Puis, la rando se poursuit en direction de La Gautrie. Découverte de  l’intérieur des terres, rue Racle Bourse, rue du Four et retour au parking du matin. 
Nous récupérons les véhicules, retour par « La Brée », St Georges, St Pierre d’Oléron et nous atteignons Château d’Oléron, capitale de l’île, pour un  tour  de la ville et sa citadelle, en petit train touristique.
     
            La conductrice du train, fort sympathique, commente la visite de la ville, construite en damier, (les Halles, la fontaine, l’église d’Oléron agrandie par Aliénor d’Aquitaine, le couvent des Récolés) et nous fait découvrir la citadelle. Elle fut construite en 1630 par Richelieu et le même Pierre d’Argencour, l’ouvrage bastionné a été revu par Vauban en 1688 qui ajoute des « ouvrages à cornes ». Les  larges fossés, les murs épais, le pont dormant de la porte royale sont tout ce qui subsiste de la forteresse pourtant très endommagée par les bombardements en 1945, est impressionnant. Petite histoire de « l’arbre de Richelieu », planté pour la postérité.
Pour finir, nous découvrons le « Paté » quartier bien typique des cabanes très colorées des ostréiculteurs, ces « jardiniers de la mer ». Elles sont transformées aujourd’hui en boutiques d’artisanat. Dans ce port ostréicole, nous  remarquons les  bateaux en métal à fond plat pour la récolte des huîtres (dont les « fines de claire, spécialité locale). Il nous reste du temps après cette visite guidée pour déambuler dans ce quartier très original et pittoresque ou monter sur les remparts où se sont  posés de gros moustiques en métal.
Retour au village Azureva pour le dîner après cette journée bien remplie. René nous offre l’apéro ce soir, Pineau et spécialités locales… sympa, merci! Petit discours d’Anne, toute émue et ravie d’être des « nôtres », nouveau membre actif de la Ste Ampoule, et du groupe des « pomponnettes » ?
      Après le dîner, spectacle du coucher de soleil sur la mer, face à La Cotinière, le plus grand port de pêche de l’île et rendez-vous chez le glacier de la place pour tous les gourmands de la Ste Ampoule. Quel choix! Et c’est aussi coloré que dans le port…et ça se déguste dans un cadre style « intérieur de bateau de pirate mais aussi avec petits salons particuliers, équipés de fauteuils et canapés en velours rouge, murs capitonnés de tissu blanc, lumières tamisées rouges, dans une atmosphère plutôt… enfin très originale pour déguster des glaces…

   LUNDI 27 mai :  départ à 9 h. Météo superbe, températures agréables. Direction forêt de Gatseau, parking de la thalasso. Marche ultra variée, d’abord le long de la mer en suivant la digue Pacaud, puis  nous traversons le marais « Les Bris » pour nous enfoncer dans la forêt domaniale de Trojan, très odorante. Nous y croisons un camion du service d’entretien, chargé de répandre du maïs pour les sangliers. Nous faisons confiance aux organisateurs pour  repérer le circuit dans cette immense forêt. Jean, qui devait nous faire un discours, a failli mettre le pied sur un reptile impressionnant. Couleuvre ou vipère ? Nous voici de retour sur la plage de Gatseau, à marée basse cette fois-ci, hâvre de paix où il ferait bon se prélasser. Mais l’on nous attend au centre Azureva pour un dernier déjeuner avant le départ de l’île.
Ménage dans les chambres avant de quitter les lieux, puis direction le pont viaduc d’Oléron et Boursefranc. Halte face au fort Louvois et  pot de l’amitié avant de se quitter.
       Quel week-end  dense et varié ! Merci à nos organisateurs attentionnés Dany, Christian et Jean, qui, grâce à une habile combinaison de circuits, nous ont fait découvrir Moëze, Brouage, puis « Oléron la Lumineuse »  et ses différentes facettes.
       
        On se revoit le week-end des 7, 8 et 9 septembre, pour une incursion en Venise Verte!

         Bonnes vacances à tous, profitez bien de l’été,

                  Votre secrétaire,
                        Armelle Jacquet

     

jeudi 9 mai 2013

Sortie 14 Avril 2013 - CHATEAUBRIAND



DÉCOUVERTE DU PAYS DE CHATEAUBRIANT avec Marité, Maylis et

Michèle T, dimanche 14 avril 2013.


Il fallait compter à peu près une heure de route, de Nantes, pour atteindre le point de ralliement, sur la commune de Béré. Les derniers kilomètres à travers la  campagne verdoyante furent illuminés  par les magnifiques ajoncs en fleurs. A 10 h, le groupe des
« 3M » (Marithé, Maylis et Michèle T), nous attendait sur le parking des fidèles paroissiens de l’église de Béré. En ce dimanche 14 avril, le soleil, ce soleil tellement désiré et promis,   était lui aussi, au rendez-vous, avec les 21 Ampouliens, présents aujourd’hui. Les agréables  rituels d’accueil thé-café-biscuits accomplis, nous suivons Marité qui officie la première, devant l’église de Béré. Nous sommes tout ouïe:
  
        Nous voici donc en pays de Châteaubriant, autrefois pays de la Mée (pays du milieu) sur les « marches de Bretagne », frontière qui autrefois devait défendre la Bretagne face au royaume de France.
        Quelques repères historiques :
Les Geoffroy de Châteaubriant, descendants directs des Brient (qui construit le premier château) figurent parmi les plus puissants seigneurs de Bretagne et la baronnie de Châteaubriant fut très convoitée. En 1383, elle passe aux mains de la célèbre famille bretonne des Dinan. Sa réputation culmine au XVe siècle. La baronne Françoise de Dinan-Laval, gouvernante d’Anne de Bretagne et grande intrigante, prend parti pour la France et s’oppose  au duc François II de Bretagne. Elle signe en 1487 le  Traité de Châteaubriant, qui livre la Bretagne à la france. Charles VIII soumet le duché par la force – château et ville sont détruits et brûlés en 1488 lors de la bataille de Trémoille. La Bretagne sera définitivement rattachée à la France en 1532, par le mariage d’Anne de Bretagne et du roi de France Charles 8. On  trouve dans les armoiries de Châteaubriant les fleurs de lys des Condé, qui reçurent en dotation les biens de Montmorency, ainsi que les hermines de Bretagne et le blason des Geoffroy de Châteaubriant.
      
Une route reliait directement le Château à cette église Saint Jean de Béré devant laquelle nous nous trouvons. Classée monument historique, elle fait partie des plus anciennes églises romanes du département: c’est Geoffroy – fils de Brient – qui commença l’édification d’un sanctuaire dédié à Saint Jean-Baptiste vers 1060-1080, à côté du prieuré de Saint Sauveur, fondé par sa mère Innogwen.
L’église St Jean de Béré, construite en schiste et grès ferrugineux locaux (d’où sa couleur rouge) est un bel exemple d’édifice roman. Elle fut ensuite transformée par le Doyen Blays au XVIIe siècle, qui fit construire le retable. Quel contraste à l’intérieur entre la sobriété des murs blancs, la voûte en berceau lambrissée et le retable baroque avec son ornementation luxuriante et  son architecture ondulante! Ce retable fait de tuffeau et de marbre est l’oeuvre d’un sculpteur angevin, Gaspard Robelot (1659-1665). La nef nous semble bizarre. Elle est en effet déviée vers la gauche de trois degrés. L’église est riche en vitraux, bas-reliefs, autels, retables, petits et grands tableaux, statues du XVe au XXe siècle (dont une sainte Rita sculptée par Jean Fréhour). Michèle attire notre attention sur l’autel Saint Blaise, dédié au patron des peigneurs de laine et édifié en 1693. Cet artisanat occupait près de 600 ouvriers à Châteaubriant vers 1700. A noter en sortant de l’église, à droite du porche, l’autel de Dieu de la Pitié,  sur lequel les mères venaient rouler leurs enfants qui tardaient à marcher ou à parler. A l’extérieur, nous  admirons encore l’architecture de ce superbe édifice roman, très ancien, regrettant l’ajout de deux bâtiments accolés à l’ensemble au XIXe siècle.

Nous reprenons nos voitures pour nous diriger vers Châteaubriant-ville et nous nous garons sur la place Charles De Gaulle, directement face au Château. Sur cette place, un cube moderne – le « théâtre de verre », à côté de l’ancien hôtel des PTT.
Maylis nous entraîne maintenant vers la Porte St Michel et  nous entrons dans l’ancienne « ville close » de Châteaubriant pour tout un « circuit découverte ». La ville et ses fortifications prolongent celles du château. Nous sommes dans la « Grand rue », envahie en ce dimanche, comme tout le quartier médiéval, par les étals d’un vaste vide-grenier. Quelle animation, c’est pire qu’au Moyen-Age ! Restons groupés !
Cette rue qui menait autrefois du château féodal vers Béré  était l’axe principal de la ville. Premier arrêt devant une belle façade XVIIIe de l’hôtel de La Houssaye (balcons en fer forgé, fenêtres à impostes), puis direction la rue de Couéré en passant à l’emplacement d’anciennes halles. Maisons à colombages et encorbellements, avec soubassements de pierres, puis la « maison de l’ange » ou séjourna Sophie Trébuchet, la mère de notre célèbre Victor Hugo et le  passage « Sophie Trebuchet ». Nous remontons vers la place de l’église St Nicolas aux superbes gargouilles, la place du marché à bestiaux, faisons un arrêt devant la belle demeure de l’office notarial et sa magnifique verrière, revenons place St Nicolas pour nous diriger vers les halles du marché. Dix minutes de quartier libre pour tous : expo de peintures à l’intérieur des halles pour certains et découverte des ruelles du quartier « aristocratique », dont la rue du Pélican, ex-rue de la Poterne aux beaux hôtels particuliers du XVIIIe, dont l’hôtel de la Bothelière. Puis, tous ensemble, nous repartons vers la  porte de Couéré, avec la Tour du Moulin de Couéré. On aperçoit la Chère, ce ruisseau qui apparaît entre deux vieux murs moussus et disparaît, recouvert par des rangées de maisons, puis réapparaît sous un petit pont, créant de petits cadres bucoliques. Nous suivons toujours  la ligne des anciens remparts de la ville, qui nous mène derrière l’église St Nicolas, puis vers la Tour du Four Banal, place de la Motte Madame et la Porte Neuve qui clôt le parcours ville.
Il  est 12 h 20. Le pique-nique est prévu dans l’enceinte du château, et ses jardins à la française aux vertes pelouses parsemées de pâquerettes. On peut y admirer un vénérable marronnier de 170 ans. Tables et chaises s’offrent à nous, il n’y a plus qu’à s’installer au soleil dans un décor médiéval et renaissance… Magnifique ! Nous sommes à l’abri des  remparts qui relient les différents bâtiments du château, on peut voir aussi le donjon, le logis du chapelain, le châtelet et la maison du Duc d’Aumale. Nous déjeunons devant la partie renaissance. Malheureusement, pas d’accompagnement musical de Josquin de Prés ou Palestrina. Nous avons droit aux cris des corneilles…dommage !
Et, pour  l’apéro…surprise ! Chantal (Romé) nous offre boissons pétillantes et délicieux petits fours faits maison. Joyeux anniversaire Chantal et nous te le chantons en chœur, sous la houlette de Guy – bien sûr – et bienvenue au club… des…. sexasexy…yes! Les chaises longues – mais oui, tout est prévu – sont à notre disposition après le pique-nique et jusqu’à 14 h.
       Ensuite, en 2 groupes et à tour de rôle et ce, grâce à la réactivité de nos 3M, nous profitons d’une visite guidée du château à laquelle s’ajoute aujourd’hui, journée particulière historique/archéologique, un parcours commenté par de jeunes archéologues passionnés et passionnants de la société HADES. Ils sont à disposition du public dans les différentes parties visitables du château.
Avec le sympathique Julien, notre « médiateur culturel », nous traversons la Haute Cour au nord et nous nous dirigeons vers la chapelle et le petit logis. Quelques explications sur le château initial du XIe siècle, réaménagé au cours du moyen-âge et son système de défense, car il a fallu faire face à de nombreux sièges ! La chapelle qui a été édifiée sur les vestiges d’un édifice plus ancien (1142) était la plus grande chapelle du grand Ouest au XIVe siècle, il fallait y faire venir une partie des paroissiens de Châteaubriant. Les fenêtres gothiques datent du XVIe. Des fouilles archéologiques ont mis à jour des peintures murales et un pavement en terre cuite du XVe siècle. La  moitié ouest de cette chapelle était devenue le logis du chapelain au XIVe siècle. Nous accédons au chemin de ronde, avec vue sur la Chère. Autrefois, avant que la ville ne s’installe, des marécages entouraient le Château.         
Le conseil général de Loire-Atlantique a racheté le château et entrepris la remise en état du donjon dès 1909. Le bâtiment a été classé « monument historique » en 1921. Les divers  bâtiments ont abrité une  gendarmerie (dans la chapelle), une maison d’arrêt, un tribunal, une perception, une école de filles, les bureaux de la DDE, l’annexe du rectorat, etc. Le bâtiment du Duc d’Aumale est actuellement le logement de fonction du sous-préfet.

Changement de guide et de lieux… Bien équipés de casques de protection, très « pro » et bien encadrés pour l’accès aux échafaudages (voir photos !), nous nous rendons  avec Caroline l’archéologue sur le donjon encore et toujours en restauration. Caroline nous explique l’évolution de ce site, les modifications que l’on a pu déceler, au fil des siècles jusqu’à aujourd’hui car il a fallu mettre sur pied un plan de travaux. Les façades ont été redressées. Ici, le logement du chapelain, là, sa cave, la cuisine, le logement du personnel. Une telle construction correspond à la société féodale du XIe siècle et la restauration ne doit pas privilégier une époque au détriment d’une autre. Et tout n’est pas élucidé ni reconstruit, le donjon garde son aspect de ruine. Un plancher panoramique est prévu à son sommet. Le patrimoine est sauvegardé pour les générations futures. Il ne nous reste plus qu’à visiter librement la partie Renaissance, enfin celle qui est ouverte au public. Pas le bâtiment des Gardes, au nord (1ère Renaissance) un peu austère, mais le logis de Jean de Laval (seconde Renaissance). Seule la  « chambre dorée » est visitable. L’accès se fait par l’« escalier à vis ». Ensuite, flânerie dans la grande galerie, sur deux niveaux, avec ses arches, ses colonnades. Un ensemble original, coloré de schiste et de briques qui se termine par un petit pavillon.
    
Du château forteresse à la résidence de prestige renaissance, nous revisitons bien des  siècles d’histoire, celle de la Bretagne particulièrement et de la France. On évoque sur ces lieux le souvenir de deux châtelaines de Châteaubriant. D’abord, Sibylle, qui meurt de joie en serrant son mari dans ses bras à son retour des Croisades, puis la belle et cultivée Françoise de Foix, devenue la maîtresse de François 1er, qui connut une mort tragique – dit-on – torturée par son mari jaloux Jean de Laval qui l’enferma avec sa fille de sept ans dans une chambre tendue de noir. Il supprima ainsi par là même son héritière, qui mourut d’étiolement.
      
Après cette visite hautement  historique et culturelle, et pour profiter encore de ce temps ensoleillé nous reprenons nos véhicules pour joindre le lac de Choisel, tout près de Châteaubriant et faisons une petite marche  ensemble autour du lac, très fréquenté en ce premier dimanche quasiment « estival ». Avant de repartir, nous réussissons non sans difficultés, à nous installer à une terrasse dans Châteaubriant, pour prendre ensemble le pot de l’au revoir. La journée  était annoncée belle, elle fut exceptionnelle, grâce à toute l’attention de Marithé, Maylis et Michèle qui nous ont fait découvrir Châteaubriant et ses alentours, comme jamais nous n’aurions pu l’imaginer… et vraiment, ça valait le détour. Un grand merci à ce  trio performant !
     
        Je vous invite à consulter le blog pour voir cette rando « en images » et vous dis à bientôt pour les Oléronnades, les 25, 26 et 27 mai 2013. Le soleil sera aussi au rendez-vous… dans nos cœurs!

         Votre secrétaire,    
                Armelle